Du rêve en demi-teinte avec « La Belle et la Bête »

Du rêve en demi-teinte avec "La Belle et la Bête"

Je garde un merveilleux souvenir de la version originale, sortie il y a 25 ans déjà, et qui reste à mes yeux, avec « Aladdin », une des plus grandes réussites des studios Disney. C’est donc avec un certain mélange d’enthousiasme et de méfiance, mais attirée par la beauté de la bande-annonce, que je suis allée voir ce long-métrage. Et j’avoue qu’à la sortie, je reste mitigée.

Paradoxalement, je n’ai rien de grave à reprocher à cette adaptation qui est, dans un sens, une totale réussite si l’on tient compte de sa fidélité ( quasi ) absolue au dessin animé. Tout y est: la parfaite reconstitution du village de Belle, la musique, l’ambiance de la taverne, la forêt de l’éternel hiver, l’attaque des loups, … Je regrette cependant qu’en passant de l’animation aux acteurs en chair et en os, le film perde de sa féerie. Car j’ai passé deux heures non pas à suivre les aventures de Belle, mais celles d’Emma Watson singeant son personnage (j’ai d’ailleurs eu une pensée pour les fans d’Harry Potter qui ont dû avoir le sentiment étrange de suivre Hermione Grange déguisée pour Halloween …)

La Bête, bien moins attachante et expressive que son clone original, et les bons vieux BigBen, Lumière ou Mrs. Samovar du dessin animé me manquaient, malgré le soin extrême apporté à leur réalisation. Mention spéciale cependant pour Luke Evans qui tire brillamment son épingle du jeu en interprétant un Gaston plus vrai que nature.

Les trente minutes excédentaires n’apportent rien à l’histoire: trois nouvelles chansons sans grand intérêt et des retours sur l’enfance des héros qui ne font que ralentir le récit sans rien lui apporter.

Quant à la fameuse « scène gay », si on n’en n’avait pas fait tout un foin, elle me serait complètement passée par-dessus la tête.

Alors, certes, les costumes et les décors sont à couper le souffle. Mais la prouesse technique ne tue-t-elle pas la magie? J’en veux pour preuve la fameuse scène de bal qui n’est malheureusement pas parvenue à m’émerveiller.

Ma fille, par contre, a été ravie. Elle est rentrée en chantant « C’est la fête ». Et c’est le principal.