Je ne suis pas un buzzer…

Je ne suis pas un buzzer...

Ou comment j’ai eu peur pour la première fois en courant

Aujourd’hui, comme je le fais régulièrement depuis un an demi, je fais mon jogging autour des lacs près de chez moi. Il est aux environs de 17h30, l’orage gronde, il n’y a pas grand-monde. Il pleut à torrents, et je me dis que je devrais peut-être écourter ma sortie et rentrer avant de devoir nager. Quand je sens un coup sur ma tête. Une tape. Je me retourne, je m’arrête, pour invectiver le coupable : un adolescent de 16 ou 17 ans, à qui je demande l’intérêt de son acte.

glee wtf santana lopez naya rivera the quarterback

Via giphy.com

Cette brave personne ne devait pas parler français, parce qu’après m’avoir frappée (pas bien fort, mais quand même), il m’a regardée avec un sourire niais et un regard que je ne peux que qualifier d’abyssalement vide. J’imagine que son pote et lui, au demeurant trèèèèèèèès malin, voyant ma vitesse de pointe (je faisais un entraînement en fréquence cardiaque de zone 2, et comme je ne suis une joggeuse chevronnée que depuis quelques mois, cela correspond à un royal 8.5 km/h…), ont dû parier entre eux sur lequel me buzzerait (?) en premier. Après notre altercation, heureusement sans dommage, j’ai repris mon jogging, un peu humiliée et très énervée.

Finalement, ils n’étaient pas bien méchants. Mais cela m’a quand même donné à réfléchir. Si j’avais été un homme de 85kg, auraient-ils tenté la même expérience? Courir seule, c’est donc vraiment dangereux? Si leurs intentions avaient dépassés la mauvaise blague potache, qu’aurais-je fait?

Jamais je ne m’étais sentie insécurisée dans ce parc auparavant. Il est situé dans un complexe sportif, entre un golf et un club de hockey, constamment rempli de joggeurs, de promeneurs de chiens et de famille. Mais aujourd’hui, en fin d’après-midi, avec la météo capricieuse, il était quasiment vide. Et si j’ai pensé à élever la voix sur le mode « non mais qu’est-ce qui vous prend??? », j’avoue ne pas avoir pensé à hurler. Je n’ai jamais pratiqué d’art martial, ni de self défense. Quant à mon GSM ou mes clés, je les ai bien avec moi, mais dans une ceinture accrochée à ma taille… Je vois d’ici la scène : « Vous permettez? Je sors mon téléphone pour pouvoir appeler les secours… ». Ben en fait non, dans la vraie vie, je n’y ai pas pensé, et je n’aurais pas eu le temps.

Par contre, je pourrais la prochaine fois activer le live tracking fourni avec ma montre Garmin Forerunner, dès que j’aurai compris comment ça marche. L’Homme pourra ainsi voir où j’en suis dans mon parcours et potentiellement remarquer que cela fait trop longtemps que je suis immobilisée au même endroit. Ou la police retrouvera plus vite mon cadavre.

Et puis, je pense investir dans un sifflet : pas cher, si il est abîmé par la pluie, franchement pour les quelques euros que cela va me coûter, je le remplace, son poids ne me pénalisera pas en course, il n’est pas dépendant de pile ou de quoi que ce soit d’autre pour fonctionner… Et comme il y a beaucoup de buvettes, etc autour du parc, j’imagine que si je siffle fort, cela attirera bien l’attention de quelqu’un. Et fera peur un minimum à mes agresseurs.

Image LaChan via Flickr
Image LaChan via Flickr

Bon je vous laisse, je vais chez Décathlon…