Ken Loach et Daniel Blake méritent amplement leur palme d’or!

Ken Loach et Daniel Blake méritent amplement leur palme d'or!

En nous présentant l’histoire de ce charpentier sexagénaire qui, suite à des problèmes de coeur, voit son dossier d’invalidité rejeté par une « professionnelle de la santé » jugée plus compétente qu’un cardiologue, Ken Loach nous fait plonger dans les méandres impitoyables d’une société indigne qui s’acharne à broyer et humilier les plus faibles.

De coups de fils interminables sous fond de « Quatre Saisons » de Vivaldi aux jobs centers qui traitent les personnes en détresse comme des rebuts, Daniel fait la misérable expérience d’un monde déshumanisé où la plupart des contacts se font via répondeurs et claviers d’ordinateurs.

Perdus dans des services qui n’ont de sociaux que le nom, les rares employés qui tentent de faire preuve d’un minimum de compassion sont rapidement rappelés à l’ordre par des supérieurs omnipotents. Et, au sein de cette administration kafkaïenne, une pléthore de décrets ineptes permettent aux plus obtus d’étouffer toute mauvaise conscience et de sanctionner avec délectation ceux qui ont le malheur de déroger aux règles ou de manquer de rentabilité.

Poignant, révoltant, émouvant, accablant, le film dénonce l’absurdité d’un système où certaines vies sont suspendues aux décisions arbitraires prises par de parfaits inconnus.

Son héros, quant à lui, peut garder la tête haute. Car Daniel Blake n’est ni un parasite, ni un profiteur, ni un fainéant. Juste un être humain qui, après 40 ans de dur labeur, tente désespérément de revendiquer ce qui lui revient de droit.