Le BMW marathon de Berlin 2016, c’était ce week-end et c’était top !

Le BMW marathon de Berlin 2016, c’était ce week-end et c’était top !

Ce dimanche 25 septembre avait lieu la 43ème édition du marathon de Berlin. Pour les fins connaisseurs, il fait partie des 6 « Majors », pour les autres, il est un des marathons mythiques que l’on rêve de terminer, le marathon des records du monde, le marathon le plus roulant, sans côtes et sans vent. Un de ces marathons où parvenir à s’inscrire tient déjà de l’exploit, ou presque !

J’y étais, trop contente, et je vous raconte !

Après avoir terminé le marathon d’Amsterdam en octobre 2015 et celui de Rotterdam en avril 2016, mon but était de rempiler cet automne afin de boucler 3 marathons en 1 an. Chacun ses petits défis persos, non ? Ayant échoué au tirage au sort de NY (ben oui, une chance sur 6, c’est pas beaucoup !), je décide de me rabattre sur celui de Berlin. Plus moyen de tenter le tirage, je passerai par une agence. Dossard garanti et prise en charge dès l’hôtel. Je me débrouille pour trouver un vol. La voiture me semble un trop gros défi : 8h de route aller et 8h de route retour…de quoi vous achever.

20160924_120502

Cool, on y est, on est dans l’avion !

Après un réveil très pénible à 6 h du matin (beurk), nous nous rendons samedi à l’aéroport de Zaventem après un dernier check de notre longue liste d’affaires à prendre malgré les deux petites nuits que nous passerons dans la capitale allemande. Je dis « nous » parce que nous partons à 4, mon cher et tendre compagnon de vie et de running (nous l’appellerons Run), mes parents venus nous encourager et moi-même.  Le vol dure 1h, ça passe vite. Run travaille sa psychomotricité fine en fabriquant une boisson antioxydante dans l’avion. Mais pourquoi faire des dosettes aussi larges quand un goulot de bouteille est si étroit ? Finalement, il ne s’en sort pas si mal !

20160924_084557

Atterrissage réussi ! La météo est de notre côté, plein soleil, 22° !

En route vers l’hôtel

Notre vie professionnelle ne nous a pas permis d’arriver le vendredi soir comme prévu par l’agence. Nous décidons, dès notre arrivée à Berlin, de nous rendre à l’hôtel afin de déposer nos valises et de nous rendre ensuite au marathon expo pour récupérer les dossards. Ah, oui, petit détail : ma valise est particulièrement pénible à transporter. J’en ai des dizaines chez moi, et j’ai réussi à emporter la seule dont les roulettes sont cassées…il faut la porter. Je suis la seule dans tout l’aéroport de Shoneberg à encore porter une valise en 2016…

On ne se fatigue pas, on prend un taxi. Pour info, si un jour vous atterrissez dans cet aéroport, il vous en coûtera plus ou moins 40€. 20 minutes après, nous sommes à l’hôtel. Il est 10h40, nous laissons les bagages et nous nous rendons directement au retrait des dossards.

Le retrait des dossards

Malgré que l’hôtel soit assez central, nous devons prendre 2 métros pour rejoindre le marathon expo. Les métros sont rapides et il y en a beaucoup. J’avoue que j’aurais préféré que l’hôtel soit situé à distance plus respectable du marathon, histoire de pouvoir se déplacer à pied et éviter les transports. Mais bon, on fera avec et ça permet de tester le réseau berlinois ! Il est très clair, tout est bien indiqué et nous ne nous perdons pas. En gros, si on s’en sort à Londres ou Paris, Berlin ne constitue pas un gros défi !

Pour ce qui est du marathon expo : impossible de se tromper de chemin, une horde de runneurs se dirige vers celui-ci. En gros, suivez les baskets !

Ayant lu les témoignages d’autres bloggeurs, je pensais que nous mettrions un temps fou à récupérer nos dossards. Ça semblait tenir du parcours du combattant ! En effet, sur papier, ça semblait complique : à Berlin, pour pouvoir participer à la course, nous devons récupérer : un dossard, un chip et un bracelet. Sans ça, pas de marathon, on ne rentre pas dans les boxes. De plus, nous avions aussi réservé un tee-shirt (ben oui, un « marathon Berlin finisher », ça s’impose, non ?). Beaucoup se plaignaient da la longueur de la démarche et des étapes à franchir pour récupérer tout ça. Finalement, pas de quoi fouetter un chat : nous sommes rentrés dans le marathon expo à 11h45 et nous sommes ressortis à 12h15, petit achat compris. 30 minutes au total. Plutôt rapide, donc…

20160924_115450

Plus en détail

A l’entrée du « expo Berlin Vital », on nous sépare en 2 groupes, les participants, document à l’appui et carte d’identité oblige, entrent à gauche dans la zone prévue pour récupérer les dossards et les chips, les autres sont dirigés vers la droite, dans la zone des exposants. Seuls les participants, donc, entrent dans la partie « administrative », ce qui permet de mieux gérer la foule.

A l’entrée, on revérifie vos documents et on vous met un bracelet, bien serré et bien collé. Il faut impérativement le garder jusqu’au lendemain, c’est la « carte d’entrée » pour les boxes de départ ! Sur la gauche, de nombreux guichets nous permettent de récupérer très rapidement nos dossards. Bonne surprise, on nous donne le chip, en même temps, ça évitera une nouvelle file. Le chip est trop sympa avec son sigle BMW ! Dommage qu’il soit loué et qu’on doive le rendre après la course ! Il y a moyen de le garder pour la « modique somme » de 25€, bof…je prendrai une photo souvenir !

20160924_174623

Ensuite, nous devons traverser les exposants pour récupérer notre tee-shirt. LE tee-shirt tant attendu…et là, grosse déception, il est énorme ! J’avais réservé un S et on peut me mettre 2X dedans ! Dommage, il est beau en plus cette année, bleu marine et vert d’eau, snif…j’essayerai de le faire rétrécir au lavage mais je ne pense pas que ça va marcher…Bref, si un jour vous participez, pensez à prendre votre tee-shirt 1 taille en-dessous de votre taille habituelle !

Finisher Shirt 2016 Männer

Nous commençons à fatiguer un peu et Run détestant les boutiques, on s’enfuit vite fait. En plus c’est noir de monde et faire du surplace, c’est crevant pour les jambes. J’achèterai quand même une nouvelle ceinture : la même que la mienne mais avec une pochette plus grande. J’ai effectivement un souci à régler : je ne supporte que les ceintures à gourdes Nathan mais la pochette de la mienne est incapable de contenir mon GSM et mes gels. Leur nouveau modèle est comme une révélation ! Je ne regarde même pas le prix, je prends ! C’est comme un cadeau tombé du ciel ! Trop contente ! Avec sa nouvelle pochette un peu plus large et plus profonde, je pourrai tout emmener sans devoir courir jusqu’au km15 avec un gel dans la main !

20160927_154839

J’aurai tout de même un petit regret post-course : ne pas avoir fait plus d’emplettes car je croiserai pas mal de vêtements de sport siglés « marathon Berlin 2016 » super sympas sur des gens durant le week-end. Zut, trop tard, …ou pas : il y a encore moyen de faire des achats le lendemain sur le site officiel du marathon. Mais c’est 2X plus cher. Tant pis, quand on aime on ne compte pas, je me rachète un tee-shirt, plus petit cette fois !

Nous reprenons le métro direction le Mole, grand centre commercial dont le dernier étage est consacré aux restos. On choisit un indien qui propose des plats à base de riz, nickel la veille d’un marathon !

La visite de Berlin

De retour à l’hôtel, nous rencontrons enfin nos accompagnateurs, un francophone et une néerlandophone avec lesquels nous partons faire une petite visite de la ville. Comme il n’est pas question de brûler trop de calories avant le jour J, la visite ne dure que 2 heures mais se fait en métro et à pied. On verra notamment « check point Charlie » et une partie du mur encore debout. Bref, les incontournables ! Pour ce qui est de la porte de Brandebourg et du Reichstag, nous les verrons le lendemain le long du parcours ! On sympathise avec les autres coureurs et on partage nos expériences, nos doutes, etc.

20160924_150213

La course des in line skating

La visite se termine avec l’arrivée de la course des patins « in line ». Le samedi, les patineurs parcourent les 42 km que nous ferons le lendemain. On s’installe à une terrasse près de l’arrivée et on attend les premiers. Attention à ne pas les rater, ils arrivent vraiment très très vite ! 2X plus vite que les premiers marathoniens ! Pour info, c’est un belge, Bart Swings, qui remporte la course chaque année, bravo à lui ! Et puis, ça nous met déjà dans l’ambiance avec les pompom girls, la musique et le public !

20160924_163314

La pasta party

Le soir, nous avons RDV avec les autres coureurs belges pour l’incontournable pasta party ! Rien de fantasmagorique : des pâtes sous différentes formes avec pesto, bolo ou carbonara. Ça fera l’affaire ! Je fais tout de même attention à ne pas manger trop gras pour éviter les problèmes de digestion durant la nuit.

C’est le moment de recevoir les dernières infos pratiques. L’une d’elle est plutôt étonnante mais importante : il est interdit de courir avec un casque audio…je n’ai toujours pas compris pourquoi. Mais comme j’hésitais encore à courir en écoutant un bouquin, au moins je n’hésite plus, le règlement aura choisi pour moi !

La nuit…

J’appréhendais le moment du coucher…j’avais un très mauvais souvenir de ma nuit avant le marathon de Rotterdam : hôtel bruyant + stress=insomnies…J’ai donc mis toutes les chances de mon côté pour ne pas revivre la même chose, c’est-à-dire 42 km après une nuit trop courte et des bâillements en série sur la ligne de départ. Comme je me suis levée très tôt, je choisis d’en faire une opportunité plutôt qu’un handicap et je ne fais pas de sieste le samedi pour avoir une chance de m’endormir comme une souche. Je me couche à 21h, ce qui devrait faire 9h de sommeil. Finalement, ce sera 8h, un minimum pour moi.

Ça y est, c’est le jour J !

Le réveil sonne à 6h tapantes. Première inquiétude : comment vont ma hanche et mon épaule ? Ça faisait 2 semaines que les 2 me faisaient souffrir. Malgré les étirements et la diminution de mon volume d’entraînement, pas moyen de faire disparaître la douleur. Aux grands maux les grands remèdes, j’ai pris un cataflam la veille et j’ai posé 2 patch voltaren. Et miracle, ça a l’air d’avoir fonctionné ! Ouf ! Pourvu que la douleur ne se réveille pas pendant la course. On verra…

La prépa du matin : un petit (gros) imprévu

Je me sens relativement en forme. Je me mets en costume d’apparat, puis direction le petit déj ! A 6h20, je n’ai pas encore fin, mon estomac dort encore mais il faut bien que je le remplisse maintenant selon la fameuse règle des 3 h avant le départ. J’opte pour un simple petit pain beurré. Je ne peux pas faire mieux (le stress n’aidant pas !). Je mangerai un gâteau de l’effort 1h avant le coup d’envoi, ça devrait le faire.

Retour à la chambre et dernière vérification du matos. Gourdes OK, dossard OK, chip OK, bracelet OK, série de gels OK, compeed (au cas où…) OK, montre…..Au secoooouuuuuuuuurs, PAS OK !

Mais qu’est-ce qu’elle me fait cette f…montre ? Elle qui fonctionne nickel depuis 9 mois, décide de ma faire une blague au moment de partir. Je vous explique : je l’avais mise à charger la veille et, va-t-on savoir par quel phénomène physique, elle s’est déchargée plutôt que chargée. Elle affiche 9% à la place des 80% de la veille. La tuile. A 7h, nous devons être en bas pour quitter l’hôtel avec le reste du groupe. Ça nous laisse 8 minutes pour tenter de ranimer ma Garmin. Je change la prise et la branche sur le PC de Run. Elle charge, c’est cool….mais de 1% la minute, c’est moins cool. On doit prendre une décision. Partir sans ou risquer de partir plus tard, de notre côté. On opte pour la seconde option. On se met une dead line à 7h30, peu importe le pourcentage de chargement. Ce sera 44%. Je doute qu’elle ne tienne jusqu’au bout mais au moins je pourrai contrôler mon rythme au début. On essayera de toute façon de courir à 2 le plus longtemps possible et je pourrai me fier à la montre de Run. Pour info, à Rotterdam, c’est lui qui avait oublié sa montre à Bruxelles. Décidemment, on a la guigne !

En route vers le départ !

Dans le métro, nickel, pas besoin de trouver son chemin sur un plan, il suffit de suivre les sacs. La veille, nous avons reçu un sac transparent avec notre dossard et uniquement ce sac peut entrer dans l’aire des départs et être confié à la consigne. Il faut prendre un métro puis un train mais finalement, ça va vite et nous sortons de la gare à 8h. Nous retrouvons d’autres membres du groupe belge et nous faisons une petite séance photos avant d’entrer dans le parc. A l’entrée, on vérifie nos bracelets. Seuls les participants peuvent entrer. Les accompagnants doivent dire au revoir. C’est plutôt justifié : le parc a beau être grand, 40.000 participants, ça prend de la place !

Nous déposons notre sac à la consigne après y avoir glissé notre sweat. Il fait 15°. Nous recevons un poncho en plastique en échange. Ils distribuent aussi des capes. Très sympa, ça nous évite de prendre froid !

20160925_082146

Tout est très bien indiqué. Le parc est énorme, rien que de trouver notre box et nous sommes échauffés ! Par contre, les files pour les toilettes, pourtant nombreuses, sont énormes. Beaucoup de coureurs préfèrent les buissons ! Petite astuce : il y a beaucoup moins de file aux toilettes du boxe A (ben oui, le boxe en lui-même est beaucoup moins peuplé !). A noter : ils ont même installé des lavabos avec du savon, quel luxe !

Ils ont installé aussi une magnifique œuvre d’art contemporaine destinée à encourager les coureurs : une jolie pile de plusieurs dizaines de civières d’un très beau bleu ! Au moins, elles seront là au cas où !

20160925_081833

Un, deux, trois, partez !

Nous sommes encore à 45 minutes du départ. En attendant, on se met au soleil et on regarde le départ des vélos à bras. Ils partent du box A 15 minutes avant les coureurs. On reste encore 5 minutes pour voir l’arrivée des champions, ceux qui mettent presque 2X moins de temps que nous, mais ce sera peine perdue, ils arrivent just on time, quelques secondes avant le départ, juste le temps d’être présentés comme des héros.

20160925_084202

Du coup, on arrive devant notre box 20 minutes avant le départ (notre vague part à 9h25). Il est saturé, plus moyen d’entrer dedans. Il y a des gens qui attendent en dehors du box. Il faut dire que nous sommes au box F, celui de ceux qui courent entre 3h30 et 3h50. Une bonne pelletée de coureurs ! Nous faisons nos rebelles et nous escaladons la barrière pour nous incruster parmi nos congénères. Nous prenons notre premier gel (antioxydant). Ce n’est jamais un moment gustatif agréable, mais nous savons que c’est pour notre bien !

Juste avant le premier coup de départ à 9h15 tapantes, nous avons droit à un très joli lâcher de ballons ! Il y a même un petit côté romantique quand on court en couple (et qu’on fait abstraction des 40.000 autres autour de nous !).

20160925_091547

Allez, c’est parti, on ne recule plus ! J’allume ma Garmin à la dernière minute pour économiser un maximum de batterie. Génial, elle trouve le signal GPS tout de suite. Notre vague commence à avancer en marchant, puis à trottiner. Ça y est on passe le portique de départ. On court, c’est parti pour 42,195 km.

Km 1 à 5

On ne m’avait pas menti, nous courons sur de très très larges boulevards. La foule est impressionnante mais on a tout de même un peu d’espace. J’adopte un rythme confortable. Après 1 km, ma montre m’annonce 5.05/km. Parfait ! Je pourrais descendre bien plus bas mais je me sens bien et je préfère m’économiser et prendre du plaisir plutôt que de me prendre le mur. Nous courons à deux, ce n’est pas évident vu la foule. Un coureur derrière moi se prend les jambes dans les miennes. Je manque de m’étaler. Je retrouve mon équilibre in extremis, ouf. J’avoue, je pousse un juron. Mon cardio a dû monter à 190 !

Au 5ème km, nous croisons notre premier ravitaillement. Juste de l’eau. C’est un peu la foire d’empoigne ! Nous perdons 20 (précieuses) secondes, bloqués par les coureurs qui zigzaguent dans tous les sens pour parvenir à attraper leur gobelet. Ce sera le cas à chaque ravitaillement.

Les ravitos

Petit arrêt sur l’organisation des ravitaillements. Ils sont très nombreux, environ tous les 2.5 km. Une fois sur deux, c’est juste des gobelets d’eau, sinon, on reçoit de l’eau ou de la boisson énergisante. A partir du km 15, on reçoit aussi des bananes tous les 5 km. Au km 27, on reçoit un gel. Donc, on est plutôt gâtés ! Tant mieux car la météo annonce 24°…Des camions de pompiers nous aspergerons d’eau 3 ou 4 fois sur le parcours, agréable !

Seuls petits hics : les ravitos ne sont pas très long et donc c’est un peu la foire pour parvenir à récupérer son dû, surtout au début. Les boissons sont juste dans des gobelets on s’en met vraiment partout.  J’ai même réussi à m’en mettre dans l’œil…

Avec Run, nous adoptons une super technique : comme il est très grand et qu’il a de très grands bras, il récupère 2 gobelets. Nous en buvons un et on verse l’autre dans nos gourdes respectives. Bon, ça demande un peu d’agilité car il faut faire tout ça en courant ! Mais à deux, on forme une bonne équipe et on ne s’en sort pas trop mal !

cat water

Du km 5 au km 10

Tout se passe pour le mieux, nous restons à notre rythme de 5.05/km. Nous sommes chaque fois ralentis aux ravitos mais tant pis. Il fait beau, la vie est belle et le parcours est sympa. J’essaye de ne pas faire comme d’habitude et d’observer les mollets des gens devant moi et je me force à regarder le paysage. Notons, que sur les mollets, on voit des trucs sympas : des drapeaux français, des tatouages en forme de silhouette de coureur, des tatouages « 42.195 », …ça fait passer le temps aussi !

Vers le semi…

Passés les 10.5 premiers km, on se dit qu’on a à peu près fait le quart du chemin ! On est toujours en forme, le rythme est bon et assez constant. Au km 15, je prends mon second gel. Pouah !

Objectif suivant : le semi ! C’est important de fractionner le parcours en objectifs bien définis : d’abord les 5, puis les 10 puis les 21, …ça permet de maintenir la motivation. Nous arrivons au semi sans grande difficulté. Je suis stratégiquement en dessous de mon timing habituel sur semi mais je tiens à m’économiser car je n’ai pas envie de terminer dans la souffrance. J’ai envie de profiter du moment plutôt que de grappiller les secondes. Que je gagne 2 minutes ne changera pas la face du monde. Que je m’épuise et que je me tape le mur (ce serait un comble à Berlin…) gâcherait complètement mon marathon. Je suis prudente donc et j’espère que ça paiera !

Les supporters belges au 24ème km

Après le semi, l’objectif suivant est de trouver l’équipe de l’agence de voyage, les accompagnants et mes parents au 24ème km ! Plus que 3… Je compte plus sur la présence de l’agence…mes parents ont l’art de me louper, même quand je passe devant chez eux ou devant leur hôtel !

Nous approchons… j’entends Run crier dans mon dos « vive la Belgique ! » Je regarde sur ma droite et l’équipe belge de supporters est bien là avec un beau drapeau noir jaune rouge ! Ça me donne une pêche d’enfer ! 100 m plus loin, mes parents sont au RDV ! Je leur fais des grands signes et des grands sourire. Ça me booste à fond, je commençais à en avoir besoin. Ça a l’air stupide mais psychologiquement, c’est important d’être supporté pendant un marathon, ça fait vraiment du bien.

illustration

En route vers les 30

Mon prochain objectif est d’arriver aux 30 km. En entraînement, c’est ma distance maximum, donc, c’est très symbolique : passés les 30, j’entre dans l’inconnu…Au 26ème km, je prends mon troisième gel, caramel beurre salé (le moins pire que j’ai trouvé point de vue goût !). Il passe relativement bien mais j’ai tout de même un peu la nausée quelques km plus loin…elle ne me quittera d’ailleurs plus.

Avec Run, on commence à se perdre. Parfois je me dis que c’est foutu, qu’on ne terminera pas ensemble, et puis je l’aperçois qui me rattrape. Mon allure a sensiblement baissé vers les 5.20, voire 5.25 mais je m’en fous, je m’amuse et je remarque d’ailleurs qu’au lieu d’être crispée comme sur mes autres marathons, j’ai un bête sourire béat.

Au 27ème km, ma montre m’annonce « batterie faible ». Flûte, ça devait arriver, pourvu qu’elle tienne jusqu’au km 30. Ce sera déjà ça…

Vers le fameux 35ème km

Entre le 30ème et le 35ème, c’est toujours l’inconnue totale : mur ou pas mur ? J’ai déjà pris 3 gels et j’ai bu quelques gorgées de boisson énergisante, je me sens bien, mais je sais que le mur peut tout de même me tomber dessus. C’est la bête noire, l’angoisse de tout marathonien. Je l’ai eu une fois en entraînement et je n’ai aucune envie de la revivre : on se sent vidé de toute son énergie et on avance plus, une véritable lutte contre soi-même.

running jump wall

Run me dépasse et se met à suivre frénétiquement le ballon 3 :45. J’ai encore du jus mais je reste prudente et je décide de ne pas le suivre. Je préfère garder mon rythme. Celui-ci continue de baisser. Je suis autour des 5.30/km. Ma montre me redit qu’elle est presque à plat. Snif ! Je calcule que, même en terminant la course entre 5.45 ou 6.00/km, je battrai mon record perso (3h52). Je reste sur cet objectif.

J’arrive au km 35 sans grande difficulté et j’aperçois Run un peu plus loin. Il a ralenti fortement. J’arrive à sa hauteur. Il a du mal à maintenir le rythme et me demande de le « tirer ». J’espère qu’il franchira le mur mais je le laisse dans mon dos. Courir à deux, c’est chouette mais on s’est toujours dit que l’un ne devait pas attendre l’autre au cas où…Pas de sacrifice, on se retrouvera à l’arrivée.

Je prends mon dernier gel…

Vers le 39ème km !

Pourquoi le 39ème ? Parce que la veille, pendant la visite guidée de la ville, nous sommes passés devant le panneau. Et l’accompagnateur de l’agence nous a dit qu’il ne fallait pas se dire « encore trois km » mais « plus que 3 km et c’est déjà fini ! ». Il avait raison ! J’y ai repensé et ça m’a boosté à fond pour la fin ! J’avais toujours le sourire et je profitais à vraiment du moment !

Et puis juste avant vers le 37ème km, surprise ! Mes parents sont de nouveau là ! Y a pas à dire, ils assurent cette fois-ci !

Du 39ème au 41ème

Ma montre est toujours en vie, c’est un miracle !

Autre miracle : plus que 3 km (et 195m, ça compte !) et ma hanche et mon épaule sont toujours OK. Seul hic : juste après le 39ème km, mon mollet droit commence à se contracter. Je suis à la limite de la grosse crampe musculaire. Je ralentis, je n’ai pas le choix. Fichu mollet…En corrigeant ma foulée et en posant mon pied droit d’une certaine manière sur le sol, j’arrive à gérer l’histoire. Mais je perds un peu point de vue allure. C’est le seul km que je ferai à 6.00/km.

Passé le 40ème km, je fais des calculs savants dans ma tête. Si j’ai encore l’esprit assez clair et que mes calculs sont bons, je devrais boucler ce marathon en 3h48. Bien ! Si c’est ça je signe ! Faut-il encore que mon mollet tienne jusque-là. Il me reste encore 2km. S’il faut, je terminerai en faisant 20 minutes de plus et à cloche pied, mais je terminerai !

Dernière ligne droite !

Déjà, 41 km, ça passe vite, la foule est au rendez-vous…les pompom girls aussi ! L’ambiance est top et j’aperçois la porte de Brandebourg, étape ultime et symbole de la ville et de son marathon. J’ai beau savoir que la course se termine derrière la porte, j’espère bêtement et secrètement me tromper (c’était pas juste devant, finalement ?). La porte se rapproche, ce sont les dernières centaines de mètres… je passe en dessous et j’essaye de repérer l’arrivée. J’ai un sourire jusqu’aux oreilles, sûrement un air un peu béat voir stupide, mais je m’en fous ! Étrangement, l’arrivée paraît à la fois proche et lointaine. Mes parents sont à nouveau présents, je suis épatée ! Quelle efficacité mes supporters !

Résultat de recherche d'images pour "marathon berlin 2016"

L’arrivée

C’est bon, c’est fait, je l’aurai bouclé mon premier major ! Je passe la ligne, et j’éteins le chrono : 3h48 comme prévu. Je suis contente et surtout très émue ! Je remercie ma montre de m’avoir finalement été fidèle. Elle est comme moi, au bout de sa vie, mais elle tient encore le coup !

Je me mets sur le côté et j’attends Run. Un organisateur me demande d’avancer. Je lui explique que j’attends Monsieur, mais rien à faire, je dois circuler. Je me poste un peu plus loin et je fais semblant de m’étirer en me tenant à une barrière nadar…Run arrive très vite. Juste 2 minutes après moi. On était à deux doigts de pouvoir terminer ensemble (peut-être une prochaine fois ?).

On est Berlin marathon finishers !

Ça y est, on l’a fait ! On est bien crevés, mais on l’a fait ! On nous met une belle médaille autour du cou, tellement grosse que Run doit l’enlever car ça lui coupe la nuque ! Par contre, mes gourdes sont vides et j’ai vraiment très très soif. Il fait 24° à l’ombre, ça vous donne une idée. Je m’assieds contre une barrière et un charmant allemand me dit « attention, vous ne saurez plus vous relever ! ». C’est que j’ai tellement soif que je ne peux plus avancer ! Galant, il ira me chercher un verre d’eau. C’est ça aussi un marathon, de l’entraide entre coureurs. Trop sympa !

20160927_154813

En plus de la médaille, on reçoit un sac rempli d’un tas de fruits secs, boissons, barres de céréales et autres bretzels. Le sac est tellement garni qu’on le trouve un peu lourd à porter après un tel effort physique ! On reçoit aussi une bière géante, la tradition au marathon de Berlin ! Mais sans alcool, of course !

On récupère notre sac à la consigne très rapidement, tout est extrêmement bien organisé. Des bénévoles passent dans la foule avec des sacs pour récupérer les chips louées. Nous rejoignons le family meeting point où les belges sont attendus sous la lettre B. On retrouve facilement notre groupe. Tout le monde est d’une humeur radieuse et la météo est au beau fixe.

Retour à l’hôtel

En retournant vers la gare, on aperçoit le long du fleuve une super endroit au soleil pour boire un verre. Il est rempli de marathoniens ! On hésite puis on passe notre chemin. On a surtout besoin de manger et de prendre un bain ! Chance en entrant dans la gare, il y a un super resto rapide qui propose des sushis ! Après l’effort, le réconfort ! On reste raisonnables sur la quantité, surtout que j’ai eu pas mal l’estomac qui tournait pendant la course. On a l’impression que ce sont les meilleurs sushis du monde !

20160925_143430                                  20160925_144453

Dans les transports, les gens sont charmants, ils nous félicitent, discutent facilement. Très sympas les Berlinois !

De retour à l’hôtel, un bain nous fait beaucoup de bien ! Mais après, on a de nouveau très faim ! J’engloutis 2 bananes. 1h après, j’ai faim…Run aussi. On ressort manger. Il est 17h. Près de l’hôtel, on retrouve un resto de sushis. On se fait un plateau géant ! Ce qui ne nous empêchera pas d’aller au resto le soir fêter dignement notre victoire…sur nous même !

Le retour en Belgique

Lundi matin nous prenons le chemin du retour. Je peste encore plus sur ma valise !

Devant l’aéroport, un gars jure en montant sur le trottoir. Pas de doute, lui, il a couru hier ! En sortant de l’avion, le spectacle est rigolo : en observant les gens descendre les escaliers on peut aisément faire le tri entre les coureurs et les non-coureurs ! Les stratégies pour descendre les marches avec les jambes raides sont diverses et ingénieuses ! Grand moment de fou rire avec Run !

Et la suite ?

Je n’avais pas planifié de marathon pour le printemps. Je pensais me reposer un peu et je convoitais, j’avoue, NY pour l’automne 2017. Finalement, je ne suis pas certaine de pouvoir tenir aussi longtemps…il y a quoi au printemps ? Rome ? Prague ? Paris ? Milan ?

http://www.bmw-berlin-marathon.com/en/plan-your-race/registration-2017.html