Le Coma des Mortels

Le Coma des Mortels

On ne présente plus Maxime Chattam. Ses thrillers sombres, au suspense haletant et au style si cinématographique en ont fait un des romanciers les plus appréciés du moment.

Je l’ai, pour ma part, découvert il y a quelques années grâce au fabuleux « In Tenebris », dont l’ambiance glauque, l’intrigue captivante et le personnage mystérieusement charismatique de Joshua Brolin m’ont incitée à lire avidement toute sa production littéraire. Même si « La Trilogie du Mal » (composée de « L’Ame du Mal », « In Tenebris » et « Maléfices ») reste de loin mon meilleur souvenir, j’ai pris énormément de plaisir à chacune de mes lectures, retrouvant avec bonheur les ingrédients sordides qui ont fait le succès de l’auteur.

C’est donc souriante et confiante que j’ai entamé son nouveau roman, « Le Coma des Mortels ». La quatrième de couverture aurait pourtant dû m’alerter, parlant, je cite, d’ « un roman noir virtuose dont l’univers singulier n’est pas sans évoquer celui d’un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain ».

Si je valide David Lynch, j’ai détesté Amélie Poulain.

Mais, qu’à cela ne tienne, revue et corrigée à la sauce Chattam, la stupide Amélie devrait se métamorphoser en une sorte d’Alice au pays des merveilles démoniaques. Ce n’est malheureusement pas le cas, et je termine ma lecture affreusement désappointée.

En quelques mots, le narrateur, Pierre, retrouve la femme qu’il aime dépecée dans son appartement. Jusque-là, tout va bien. Après cet incipit prometteur, le roman s’enlise dans un marasme de considérations pseudo-philosophiques, d’événements (ou plutôt de non-événements) prévisibles et sans intérêt, de dialogues absurdes et de personnages aussi crédibles que la fée des dents. Vous y trouverez, entre autres, une vétérinaire zoophile, un employé déséquilibré, un psychiatre psychopathe, une apprentie comédienne acariâtre, une originale particulièrement horripilante qui peint avec des mouches mortes et collectionne les suicides et un vieillard qui s’est donné pour mission de restituer aux inconnus leurs objets perdus.

Le héros, quant à lui, travaille dans un zoo où il s’amuse à droguer les animaux, trompe son ennui en composant au hasard des numéros de téléphone pour avoir quelqu’un à qui parler et se croit victime d’une malédiction.  Autour de lui, les gens meurent sans que nous nous sentions un tant soit peu concernés, trop assommés par cette logorrhée écoeurante qui frise la logomachie.

J’ai cependant tenu jusqu’au bout, espérant une révélation, un retournement de situation incroyable ou, à tout le moins, un sens aux 380 pages précédentes. J’en ai été pour mes frais, la conclusion de toute cette histoire étant tout aussi décevante que son déroulement.

Alors, que s’est-il passé ? Où est le Maxime Chattam que j’appréciais tant ? Aurait-il voulu faire une sorte de mauvais pastiche d’Amélie Nothomb ?

Je ne le saurai probablement jamais, et peux juste souhaiter qu’il se reprenne, redevienne l’excellent écrivain qu’il est habituellement et qu’il nous revienne vite avec une de ces œuvres fascinantes dont il a le secret.