Les relais givrés 2017 ou quand Lubie des Filles parvient à faire 2 podiums sur un malentendu…

Les relais givrés 2017 ou quand Lubie des Filles parvient à faire 2 podiums sur un malentendu…

Ce 21 janvier 2017 avait lieu la 30ème édition des relais givrés à Bruxelles. Il s’agit d’une course relais d’un total de 44 km. Le principe est le suivant : 5 participants courent 8 km à tour de rôle en se passant un témoin et lorsque le dernier termine tous les coureurs de l’équipe partent pour un dernier tour de 4 km et passent ensemble la ligne d’arrivée.

Deux Lubies ont participé mais pas dans la même équipe…et sont montées sur le podium, contre toute attente. Je vous raconte cette course qui est devenue pour nous un peu particulière, et franchement drôle !

Les équipes

Ça faisait déjà plusieurs semaines, voire plusieurs mois que Chlore et moi avions formé et intégré deux équipes des relais givrés. La mienne était assez prometteuse avec quelques bons coureurs, la sienne était formée de, comment dire ? Des sportifs et moins sportifs mais motivés qui ne savaient pas très bien au final ce qu’ils faisaient là mais étaient contents tout de même de participer en équipe à une course sous 2°. Bref une équipe de choc…Equipe abandonnée par notre Camilla-la-supinatrice qui a toujours des problèmes de pieds et remplacée à la dernière minute par mon papa (et oui, toujours lui !), 70 ans cette année.

Le jour J, les pronostics se gâtent pour mon équipe : le plus rapide est blessé à la cuisse, le deuxième plus rapide va bien (c’est déjà ça), le troisième est « en reprise » et le quatrième n’a plus couru depuis un mois, suite à un lumbago…bon ben finalement c’est pas gagné…on se rassure, l’important, c’est de participer, de prendre du plaisir et se faire une bonne bouffe ensemble après la course !

L’organisation

Les organisateurs ont dressé une grande tente près du centre sportif de Neder-Over-Hembeek. Notre « chef d’équipe » nous attend déjà avec les dossards que nous devons mettre dans l’ordre. Perso, je serai la première à partir. Je suis la seule femme de mon équipe et c’est obligatoirement une fille qui ouvre le bal pour chaque équipe. Ce n’est pas la place la plus confortable. On a le temps (beaucoup de temps) de se refroidir en attendant le dernier tour en équipe. J’ai tout de même emmené un sac avec des affaires (surtout un tee-shirt !) de rechange histoire de ne pas attraper la grippe.

L’organisation est top et l’ambiance est vraiment très sympa et chaleureuse malgré le froid glacial. Merci aux organisateurs car gérer autant d’équipes (sans compter celles des mini-relais givrés pour les enfants) ne doit pas être simple. Au total, il y en avait plus de 330. Multiplié par 5 participants, ça vous donne une idée du nombre de coureurs à gérer !

Petit détail : chaque coureur a reçu un goodies très pratique, une sorte de clips lumineux à accrocher à sa basket quand on court dans le noir. Chouette attention.

Le départ

Equipée de mon beau dossard et de mon témoin-relais, je me rends dans mon box de départ entourée de mon « boys band ».

Le départ se fait à 14h. Les enfants du mini-relais partent 5 minutes avant les femmes. On nous demande de faire attention à eux lorsqu’on les rattrape. Je fais l’erreur de me mêler à la foule et de ne pas me mettre devant. Ça me fera perdre de précieuses secondes : je n’arrive pas à me frayer un chemin et à courir à mon rythme. Je ne suis pas une bête de course loin de là, mais beaucoup de passages sont étroits et je me retrouve malgré moi dans des « goulets » qui me freinent dans mon élan. Je reste définitivement calée derrière une nana en kilt. Je me calque sur son rythme qui, au final n’est pas trop mal. Partir en premier n’est donc clairement pas le mieux mais tant pis c’est comme ça et il en faut bien un (enfin, une !).

Le parcours

Le parcours est vraiment, vraiment casse g….on court en partie sur la route, des chemins et en forêt. La boue a formé de sales ornières qui ont gelé devenant ainsi des pièges sans pitié pour nos chevilles. Surtout que, par endroit, d’espiègles feuilles mortes recouvrent le tout.

Plein de coureurs chutent et se blessent. La tente « premiers secours » a du succès.

Elle aura d’ailleurs la visite du troisième coureur de mon équipe qui repartira avec un joli bandage et un aller direct vers l’hosto. Au final, il s’en sort avec une bonne entorse. Snif…On espère pour lui qu’il pourra reprendre le running au plus vite !

Il faut faire le parcours 2X de suite puis passer le relais au suivant. Le terrain est difficile et le dénivelé est bien présent. On monte et on descend en permanence et éviter les ornières, les souches et autres branches relève du jeu vidéo. Au moins, on ne s’ennuie pas ! Je suis très contente d’avoir mis mes baskets de trail…

Un ravitaillement est prévu près de la zone relais. On reçoit du thé pour se réchauffer et des quartiers d’orange. Parfait ! Tout le staff est attentif et très sympa.

L’arrivée – chapitre 1

Ça y est, c’est parti pour notre dernier tour ! le soleil commence à décliner et nous avons peur de finir dans le noir. On s’équipe de nos super « torsales » Décathlon et on s’élance à 4 vers la ligne d’arrivée. Ben oui, à 4 vu que le dernier est blessé…on a peur d’être disqualifiés car le règlement stipule qu’il faut terminer à 5. C’est donc avec une motivation un peu mitigée que j’aborde ces 4 derniers kilomètres. Heureusement, la visibilité est encore OK.

Nous franchissons la ligne d’arrivée et la question fatidique nous tombe dessus : « mais où est le cinquième ? ». Explications faites, nous ne sommes pas disqualifiés ! Youpiiiiiieeee ! Vraiment sympas les organisateurs. Nous sommes 49èmes au classement général pour un chrono de 3h03. Pas si mal vu le nombre d’équipes.

L’after

Retour dans la tente principale pour rendre nos dossards. Ils ont prévu une photo « officielle » par équipe. La nôtre est amputée d’un membre. Re-snif…

Il y a moyen de boire un verre, une soupe bien chaude ou de manger un hot-dog et un morceau de tarte. Ils ont aussi prévu un after avec dîner tajine et concert pour marquer le coup, puisque ce sont les 30 ans du relais.

On traîne un peu dans la tente puis on retourne affronter le froid histoire d’aller encourager l’équipe de Chlore toujours occupée à tourner dans les bois !

L’arrivée-chapitre 2

Retour à la zone relais et là, surprise : les boxes ont disparu, de même que les nombreux relayeurs…mais il reste une équipe d’irréductibles qui, vraisemblablement, n’ont pas pris leur potion magique ! Ils sont courageux, ils ont froid, ils attendent patiemment sous -2° l’arrivée de Chlore pour un dernier tour dans le noir complet à la lueur des petzels…De toutes les équipes des relais, Lubies des Filles est la plus brave.

Ils entament finalement leur dernier tour non pas sur des chapeaux de roue mais dans la bonne humeur !

On se rend à l’arrivée pour les accueillir dignement. Peine perdue ! RDV directement dans la tente principale sans passer par la case arrivée ! Une haie d’honneur (si si rien que ça) les y attend !

Ils parcourent leurs derniers 4 km accompagnés du « vélo balai ». Le staff vérifie qu’aucune autre équipe ne veut prendre leur place si convoitée et ne se cache dans les bois…Dans la tente un haut-parleur fait part à la foule (en délire) des détails de leur escapade nocturne : « plus qu’un quart d’heure avant leur arrivée », « attention, Lubie des Filles est bientôt là ! », « arrivée imminente, ils sont sur la plaine de jeux ! ».

Le podium – chapitre 1

Je me place sur une marche de l’estrade pour avoir une superbe vue sur leur arrivée et des photos collectors. Un des organisateurs, trop sympa, me fait monter sur le podium ; Ben oui, dans l’équipe, il y a mon papa, 70 ans, alors j’ai droit à une vue imprenable.

Ils terminent donc leurs 44 km dans la tente en 4h56, sous une foule d’applaudissements, au milieu d’une haie d’honneur. Les stars du jour…Sur le podium, ils reçoivent une bière (on est en Belgique tout de même !) et les compliments des « lendemains de la veille », organisateurs de l’évènement.

Malgré la fatigue, ils ont le sourire et la patate. Ils sont même franchement morts de rire. Moi aussi en fait…

Le podium – chapitre 2

Les surprises se suivent… à notre grand étonnement, mon équipe, prometteuse mais au final un peu bancale, termine deuxième de sa catégorie. On a aussi droit à notre petit podium, beaucoup moins folklorique, beaucoup moins drôle mais bien cool aussi. Un petit pincement au cœur, tout de même pour notre blessé…Pas de bière pour nous mais un joli trophée.

Finalement, les plus belles récompenses du jour auront été ces moments inoubliables entre amis et en famille, cette journée et cette soirée sous le signe de l’entraide, l’esprit d’équipe et la bonne humeur. En fin de compte, je ne suis pas sûre que l’on retiendra les moments d’attente dans le froid. C’est pour cela qu’on rempilera l’année prochaine…mais parviendra-t-on à confirmer nos beaux exploits ?