Ma première blessure de grande sportive!

Ma première blessure de grande sportive!

Il y a deux semaines: tout commence un matin par une petite douleur à la malléole gauche. Je n’y prête pas spécialement attention et me dis que cela va passer tout seul. Je vais travailler, je fais des courses, je marche, je cours. Cette bête cheville me fait mal, mais c’est supportable.

La semaine passée: cet élancement perpétuel commence à me taper sur le système. Je n’arrive plus à marcher normalement, je boîte. Mon gentil papa (toujours lui!) vient à la rescousse avec des anti-inflammatoires et des patchs. Je fais les cimetières (Schaerbeek-Anderlecht-Uccle-Ixelles) en claudiquant. De loin et vu le contexte, si je tends les bras en avant, on va me prendre pour un zombie.

Hier matin: je dois passer à la maison communale pour renouveler la carte d’identité de ma fille. Ce qui signifie remonter toute la chaussée de Wavre pour prendre de l’argent puis faire de même avec l’avenue d’Auderghem. Arrivée à destination, je trouve bien évidemment porte close. Pour me consoler et apaiser mes souffrances, je passe à la boulangerie.

Hier après-midi: je me rends aux urgences de l’hôpital d’Ixelles. L’attente est longue. A ma gauche, un barbu tuméfié qui parle et rigole tout seul. A ma droite, une fille qui se met à chanter. Au moins, je suis en bonne compagnie. Je commence à me demander si je n’ai pas été téléportée par erreur à Titeca lorsque mon tour arrive enfin. Je rentre dans une grande salle; le barbu monologueur s’y trouve aussi. Il s’inquiète par rapport à la prescription qu’il vient de recevoir: est-elle compatible avec toutes les petites pilules qu’il prend déjà? Je suis rassurée de savoir qu’il est médicamenté et me demande dans quel état il serait s’il ne l’était pas. Pour terminer en beauté, il s’interroge profondément sur la manière de quitter les lieux tout en fixant d’un air perplexe la porte qui affiche en grand le mot « sortie ».

Une charmante jeune femme africaine me prend en charge. Diagnostic: une belle entorse. Elle me met du gel, des compresses et me fait un magnifique bandage. J’ai un gros pied momifié. Je repars heureuse propriétaire d’une merveilleuse paire de béquilles. Dans la salle d’attente, la jeune femme chante toujours.

Hier soir: je déteste mes béquilles. Ma fille les adore. Elle est aussi heureuse que si je lui avais rapporté des billets pour Disneyland.

Ce matin: retour à la commune. J’avance avec la grâce d’un héron estropié. Je me félicite de ne pas peser bien lourd et plains sincèrement celles qui doivent soulever 10 ou 20 kilos de plus. En principe, j’en ai pour 5 ou 6 jours. D’ici-là, je devrais avoir les bras de Popeye et le mollet droit d’Hercule.