Mon Ekiden ou J’ai une soeur qui fait des marathons…

Mon Ekiden ou J'ai une soeur qui fait des marathons...

…et qui m’appelle le jeudi 6 octobre pour me prévenir que ça y est! Elle m’a inscrite à l’Ekiden du 15! (Voir son article à ce sujet). Je stresse, angoisse, panique, et repense à l’époque bénie où j’étais enfant unique. Moi qui n’ai jamais couru, je vais devoir me préparer physiquement et psychologiquement à parcourir 5 km, soit la distance de la terre à la lune. Le compte à rebours a commencé…

Vendredi: pleine de bonne volonté à défaut d’enthousiasme, j’enfile une vieille paire de Reebok et file au parc du Cinquantenaire. Au bout de 10 minutes, je dois me rendre à l’évidence: c’est une catastrophe. J’ai l’impression de peser 3 tonnes, mes jambes décollent à peine du sol et un point de côté m’achève. Comme toutes les filles en détresse, j’appelle mon papa à la rescousse.

Samedi: il m’emmène au bois de la Cambre. On commence doucement; sa présence me rassure et m’encourage. J’arrive au bout du parcours et ne me sens même pas fatiguée. Je m’empresse d’appeler fièrement ma soeur pour lui annoncer que les miracles existent.

Dimanche: je parviens à faire plus de 2 fois le tour du Cinquantenaire. J’avance comme un escargot, tout le monde me dépasse mais ce n’est pas grave. Le soir, mon fils m’encourage:

– Tu crois que maman sera prête pour samedi?

-Non.

Au moins c’est clair.

Lundi: je me lève et descends l’escalier façon Robocop. Mes mollets sont à l’agonie. Repos aujourd’hui.

Mardi: pas moyen de m’entraîner, je travaille de 10h à 21h30. Je demande à toutes les femmes qui croisent mon chemin si elles courent et, dans l’affirmative, si elles veulent me remplacer le 15. Aucune n’accepte. Dommage.

Mercredi: je m’y remets. Chouette, il pleut. Et pas un peu. Au parc Léopold, je ne croise absolument personne. Qui voudrait courir par un temps pareil?

Jeudi: longue journée de boulot à nouveau. Le Baume du Tigre devient mon meilleur copain.

Vendredi: après avoir déposé les enfants à l’école, je fais le trajet de retour au pas de course. Cla m’apprend que 4 champions olympiques participeront à l’Ekiden de demain. Youpie. Je lui parle de mon appréhension par rapport aux côtes, elle me répond que le Heysel est relativement plat. Ne jamais croire sa soeur.

Samedi: le grand jour! Je suis aussi anxieuse que si j’allais passer un examen. J’ai peur de ne pas y parvenir, d’handicaper l’équipe, de ne rien comprendre et de me tromper de chemin. Je cours en troisième position, juste entre ma soeur et mon beau-frère. Je me place dans le box. J’ai froid. Cla arrive (fraîche comme une rose après 10 km…) et me passe le relais. C’est parti! J’ai l’impression que tout le monde me dépasse; je me sens un peu ridicule. Oh quelle bonne surprise: une côte, puis deux, puis trois! De nombreux coureurs se mettent à marcher. Je tiens bon. De jolis bancs m’appellent le long des allées, je ne les écoute pas. Je ne sais absolument pas où j’en suis par rapport au parcours quand une nouvelle côte, infâme, se dresse devant moi. C’est dur, je n’en peux plus mais je pense à ma soeur: je veux qu’elle soit fière de moi! La route tourne (ça monte toujours…) et là… j’aperçois le stade! Mon calvaire touche à sa fin! J’accélère pour délivrer mon pauvre beau-frère qui doit m’attendre désespérément. Son beau sourire quand je lui passe le relais est la plus belle des récompenses!

Dimanche: mon papa m’annonce que j’ai fait le parcours en 30 minutes. Je suis contente, je pensais en avoir mis 5 à 10 de plus. Et j’ai une belle médaille. La première. Je l’ai gardée autour du cou toute la soirée.