« Montana 1948 »: un roman graphique intense à découvrir absolument!

"Montana 1948": un roman graphique intense à découvrir absolument!

Dieu sait qu’il est difficile d’adapter un roman sans en trahir l’essence. Nicolas Pitz se prête avec brio à l’exercice en mettant en images l’oeuvre de Larry Watson, « Montana 1948 », parue en 1993.

Nous assistons, à travers le regard de David, le jeune fils du shérif, au drame qui déchire sa famille lorsque son oncle, héros de guerre et médecin, est accusé d’attouchements sexuels par plusieurs femmes indiennes.

Dans ce récit aux accents shakespeariens, loyauté, amour fraternel, éthique, sens du devoir, croyances religieuses, silences et non-dits s’égrènent au fil des planches où noirceur du propos et candeur du dessin s’opposent, métaphores du monde des adultes et de celui des enfants, jusqu’à ce que les deux finissent par se télescoper dans un bouillonnement de sentiments mêlant douleur, rédemption et apaisement.

Ce récit initiatique, qui nous mène inexorablement à la désintégration de l’innocence, baigne dans une atmosphère angoissante et confinée, servie par un merveilleux travail sur les couleurs et une structure littéraire d’une finesse extrême.

Nicolas Pitz confirme avec ce nouvel opus tout le talent que l’on sentait germer dans ses deux premiers albums, « Luluabourg » et « Les Jardins du Congo », biographies sans jugement ni concession, mariant subtilement beauté du dessin, force narrative et qualité d’écriture.