Room : un film à la fois dur et tendre, à voir sans attendre…

Room : un film à la fois dur et tendre, à voir sans attendre…

Room est un film irlandais sorti en 2016 et réalisé par Lenny Abrahamson. Il est l’adaptation du livre d’Emma Donoghue du même nom, sorti en 2011.

Il est assez rare, ces derniers temps que je sois marquée par un film au point d’avoir envie de le conseiller vivement. Room, sort du lot, indiscutablement. D’abord, c’est un film qui ose traiter d’un sujet dérangeant mais ayant fait plusieurs fois l’actualité dans différents pays : celui de la séquestration à long terme et des naissances qui s’en suivent. Ensuite, si le sujet est d’une gravité sans nom, le film ne tombe absolument pas dans le mélodrame et pose les bonnes questions plutôt que de chercher à faire couler des larmes trop facilement.

C’est ainsi que nous est contée l’histoire de Jack. Jack a 5 ans et il est né dans une minuscule cabane dont il ne peut pas sortir. La seule chose qu’il voit de l’extérieur est un bout de ciel et une branche d’arbre, à travers une lucarne. Les seules personnes qu’il côtoie sont sa mère Joy, 24h/24 et « vieux Nick » qui vient, de temps à autre, réclamer ce qu’il pense être son droit auprès de Joy.

Jack et Joy ont construit un monde à eux, où les objets portent des noms (madame garde-robe, méchante dent, …) et la réalité de Jack ne dépasse pas les 4 murs de la pièce. Un jour, la vie de Jack bascule, le monde de tout le monde devient le sien lorsqu’il parvient, non sans appréhension, à quitter son cocon.

Room mène à la fois au questionnement sur notre rapport au monde et à la réalité mais aussi à une réflexion sur la force de l’amour maternel. Séquestrée depuis plusieurs années, Jack est la raison de survie de Joy, malgré les conditions de sa naissance et la monstruosité de son père. Mais que peut-il en advenir une fois à l’extérieur ? Une fois le regard des autres et les questions indiscrètes ?

Room est un film intéressant, bouleversant, qui présente les choses comme elles sont, en toute simplicité. Personne ne devrait s’abstenir, même pas les plus sensibles.